17.9.08

Brick Lane

La fameuse chanteuse amphétaminée dont je vous avait parlé..

Ah et au fait Brick Lane et tout le quartier de Shoreditch, c'est un microcosme : moi qui croyait avoir vu les coins branchés, rock et indé de LONDRES (Koko, Camden, Portobello, etc...), je découvre la vie et les repaires des stylish kids!

Tout le monde me le dit : l'East End, c'est THE place to be - okay mais c'est aussi là où rôdent les gangs armés de couteux à lames très tranchantes et qui répètent 'Yo Man, East Ham Man, E Eleven Man!' en faisant des signes pas très polis avec leurs mains pleines de cicatrices, alors pour l'instant, je reste dans le West End, abris bobo voire vraiment Beaux Quartiers histoire de préserver mes chances de survie!

15.9.08

The simple life


Confortablement installée dans un McDonald's (sic),la geek que je suis retrouve le plaisir (le besoin?) de venir ici pour vous raconter ma petite vie.. Que voulez-vous, le WIFI est à £5 de l'heure à Starbucks et je suis, comment dire, à sec!

Me voilà donc, à côté d'une meute de collégiennes anglaises en uniformes vert forêt, en train d'agiter mes genoux au son des Kooks, tout en pianotant sur mon clavier, un latte dans la troisième main, et tentant de résister au sac de French Fries ouvert sous mes yeux et dont s'empiffre ma nouvelle coloc mi-Anglaise, mi-Turque.. est-il besoin de préciser qu'en plus d'être hyper sympa, ultra-cool et méga-géniale, elle est super mince et donc peut se permettre d'avaler ces graisses saturées sans vergogne pendant que je salive en regardant d'un air terrifié la population McDonald'sienne qui souffre d'une surcharge pondérale certaine : mon avenir potentiel si je succombe. Bref : c'est bon, ça m'a dissuadé. (ouf, c'était une phrase très longue, non?)

Donc pour résumer, j'ai déménagé trois fois en une semaine et je crois que je suis chez moi cette fois. Bon j'ai toujours pas de salon mais cette fois on partage la sdb à quatre. Je vis donc avec Nes (mentionnée ci-dessus), un étudiant de Californie et un informaticien d'Australie, tous deux originellement de Singapour. Ai-je omis de dire que Londres est cosmopolite?

Ah oui, et je vais monter un cirque avec un Australien, me suis lié d'amitié avec un Brésilien, ai rencontré ses potes d'Afrique du Sud, parlé politique toute la nuit avec un Polonais et un Espagnol dans Brick Lane, le quartier indien, mais aussi très edgy, indie et quirky. Je suis désolée d'user de tant d'anglicisme mais je crois qu'il n'y a pas vraiment d'équivalent frenchie.. à part cool peut-être? Et encore, trop has-been!

Enfin bref, ça va mieux, j'ai été à un festival de musique électro et reggae, vu un groupe du nom d'Elova, dont la chanteuse aux cheveux rasé d'un côté était irréaliste, vu des milliers de gamins stylés dans la foule, des lunettes de toutes les couleurs et toutes les formes, des clips de Pharell Williams en vrai, sympathisé avec des créateurs de vêtements et accessoires Parisiens réunis pour la London Fashion Week commencée hier, mangé du curry qui m'a fait perdre toute sensation gustative (ben oui j'ai voulu goûter le piment ci-dessous), rencontré un Français qui se prenait pour Snoop Doggy Dog sous acide, bu le meilleur chocolat chaud de ma vie dans un restau italien, appris que malgré mon accent allemand (!), je pouvais parler super bien le portugais, erré dans un bar du nom de Casa Blue ou des têtes de cerfs empaillés trônent à côté d'affiches de ski françaises rétro le tout en partageant des mojitos avec des Espagnols qui bossent chez Saatchi et Saatchi..

Ma prochaine mission : trouver un job dans la capitale de l'éclectisme. Je vis dans un quartier chic, j'ai peut-être une chance de me faire payer pour promener les chiens d'un couple de traders à la retraite.. non?









6.9.08

Oh. My. Word.


Hello...
Euh... je ne sais pas trop par quoi commencer...il m'est arrivé plus de choses en 72 heures que je n'aurais imaginé qu'il m'en arrive en 1 an à Londres... et ce n'est que le début!


Je vais tenter de décrire succintement mes aventures, et mésaventures londoniennes, mais ça risque d'être un peu le fouillis. Enfin, ce sera donc fidèle à la réalité.
Depuis que je suis arrivée, il y a 3 jours, j'ai :

-affronté le froid, le fog et la pluie londoniens jambes nues telle une kamikaze, alors que même les Anglaises se baladent en collants épais (à part à Soho mais c'est un microcosme où le but ultime est de dévoiler un maximun de chair)

-perdu £1200 comme ça.. erm, erm.. c'est compliqué à expliquer et je préfère ne pas m'attarder sur les détails de cette abominable affaire d'abus de confiance

-Passé 4 heures dans une 'Police Station' à remplir un 'Crime Report' et autres documents du genre, pendant que je voyais passer sous mes yeux : un homme ensanglanté qui s'était fait attaquer dans la rue, un homme terrifié qui n'osait plus sortir de chez lui parce qu'il recevait des menaces sur lui, sa femme et ses enfants, un homme qui s'était échappé de l'hôpital et avait partiellement perdu la mémoire (il ne se rappelait plus de sa date de naissance, ne savait plus écrire et à peine parler anglais.. alors qu'il était anglais..)

-Squatté chez un Palestinien millionnaire, maniaque de l'hygiène et accro aux jeux vidéos qui est dans le livre Guiness des records car il possède la bouteille de vin la plus chère du monde, et qui m'a invité dans un restau italien avec ses amis saoudiens (qui possèdent des mines de pierres précieuses) et italiens (mafieux bien entendu)

-Sympathisé avec sa copine Mandy, une artiste métisse Malaysienne-Palestinienne et leurs amis Irakiens et Libanais (Londres cosmopolite??)

-Visité London by night en voiture, en van et en bus, c'est vraiment très très beau

-Rencontré un couple de retraités soooo British qui parlent Français couramment et ont un chat noir adorable, nommé Bruno

-Passé une soirée avec Kelly Rowland des Destiny's Child, qui sort avec le cousin du mec qui m'a hébergé. Mais si vous connaissez sûrement ce hit de mes années Lycée (2002), même si maintenant elle ressemble plutôt à ça. Bref, on a bu du thé vert en discutant de Barack Obama et de Louis Vuitton, et en regardant des vidéos marrantes sur Youtube, telles de vieilles copines.. elle est vraiment sublime et sympa.

-Visité une maison dans l'aprèm et emménagé le soir même. Description : 8 colocs, 1 salle de bain, 1 jardin, pas de salon, un peu en banlieue, 2 couples, 1 Argentin, 1 Hong-Kongais, 1 Américaine, 1 Japonais (Londres cosmopolite??)

-Visité ma future fac (la tour ci-dessous.. si si!) et pris des photos du 14e étage : vue sur le Guerkin (cornichon!), The Big Wheel, le quartier d'Elephant & Castle et beaucoup de buildings

-Admiré une expo de photos sur le Londres d'hier et d'aujoud'hui

-Me suis incrusté au vernissage d'une expo et profité des petits fours (j'avais pas mangé depuis 24h dans cette histoire!)

-Eté au pub à Piccadilly avec Nad & son chéri...pour manger une SOUPE!

-Fait une escale à Topshop pour me changer les idées dans la foule en furie face à des robes délirantes et sublimissimes aux prix apocalyptiques

-Eu une discussion mythique avec des Français :
Frenchie 1 : 'Zerz a lotte of pipeule hir!'
Moi (choquée par l'accent, je me retourne légèrement et pense) : 'Oh My Godeuh!'
Frenchie 2 (ami de Frenchie 1) : 'Eh Girl, you like his sexy French accent, huh?!'
Moi : 'Erm.. well.. I'm French!'
Frenchie 2 : 'Haha! trop fort, alors tu viens d'où, tu fais quoi ici? Nous on vient de Montpellier, on mixe, tu aimes pas le hip-hop? T'as pas des potes qui aiment le hip-hop? Tu veux pas aller à nos soirées? Tu veux pas aller sur notre super site? Bon je te donne ma carte quand même alors. Et sinon..'
Moi : 'Euh, sorry, il faut que j'y aille là!'

-Pris le bus et le métro environ 150 fois et marché environ 150 miles (au moins!), conséquence : mes pieds sont à l'agonie

-Passé 250 coup de fil dans au moins 3 pays et laissé des dizaines de messages pour diverses raisons à des étudiants chinois et anglais, des agences anglaises et américaines, sans jamais avoir de réponses

-Eté invitée à passer les vacances de Noël au Vénézuela tous frais payés (!)

-Regardé les défilés de Dries Von Noten et Chanel Haute Couture à la TV, ainsi que des documentaires sur la fabrication de chaussures et les ours bruns tout en passant des coups de fil aux US

-Visité le quartier gay de Soho et les rues d'Oxford Street sous la pluie battante

-Eté faire des provisions à Asda

-Réussi à caser 2 grasses matinées pour rattraper un manque de sommeil assez énorme

-Fait une machine à laver

-Visité les quartiers de Marylebone et March Arch pour la première fois en long, en large et en travers, à la recherche d'agences immobilières, en passant devant chez le Premier Ministre et la résidence secondaire de Madonna par hasard

-Trainé environ 80kg de bagages avec mes petits bras d'Annecy à Londres, puis dans toute la ville, d'où des courbatures assez intenses

-Suis passée par tous les stades possibles : du désespoir à l'espoir, de l'épuisement à l'euphorie, de la malchance totale à la chance incroyable, du calme à la tempête..


9.8.08

Move on


Chères lectrices, chers lecteurs,

Vous qui m'êtes fidèles et infidèles, qui découvrez à peine ce carnet de voyage d'un genre particulier, ou qui suivez mes aventures depuis le premier jour, vous que j'attendris ou que j'exaspère, vous qui laissez des commentaires ou pas, vous en tous cas qui prenez le temps de me lire et qui êtes la raison pour laquelle j'écris à cet instant..

C'est notre anniversaire. Enfin l'anniversaire de ce blog, commencé il y a un peu plus d'un an déjà.

Et nous savons, vous et moi, qu'il est temps d'évoluer..
Je ne sais pas encore quelle direction va prendre ce blog, et je ne promets rien quant à l'avenir, mais je vous préviens, il va y avoir du changement.

En effet, mon année à Prestonia a pris fin. Non pas que je n'ai plus rien à raconter, non, mais je pars vivre ailleurs. Je sais enfin ou.

Je pense que les photos vous ont donné quelques indices.. et oui, pour ne rien vous cacher.. je pars bientôt.. à Londres!

London Calling, où j'ai toujours rêvé de vivre.
Ville de toutes les tendances, du Swinging London des Sixties au punk, cosmopolite par excellence, ville de toutes mes idoles, où l'art et la musique ne cessent de s'immiscer entre la City et la Reine.. que dire de Londres.. j'y suis allée 7 fois au moins mais je sens que je vais la découvrir à nouveau.

Je ne sais pas ou je vais vivre encore, mais sûrement en colocation.. je vais tenter de trouver un petit job ou un stage, puis en janvier, London College of Communication m'accueille pour un Master en Public Relations.
Je n'y croyais pas. Mais si.
J'ai déjà mon billet d'Eurostar.. le 2 septembre.. London, I'm coming!



Alors, oui c'est vrai que je pourrais vous parler de ma vie londonienne et continuer à décrire ma réalité entourée d'Anglais éméchés.. Je ne suis pas sûre que je vais le faire.

Mais en tous cas, j'espère que cette année vous a plu autant qu'à moi et surtout.. merci d'être là.

30.7.08

Comme dans les films..



Certains jours sont officiellement comme dans les films.. à tel point qu'on se demande si on ne les a pas rêvés.. mais ce qui est sûr, c'est qu'on les gardera en mémoire pour très très longtemps.

Ce fut le cas de ma cérémonie de remise des diplômes, ou graduation à l'anglaise.
Pour ma génération abreuvée de films et séries américaines, c'est une étape clé de la vie d'un étudiant. Enfin d'un étudiant anglo-saxon, quoi. Mais qui paraît très loin. Même la veille. Un peu comme le bac quand on arrive en seconde.

Cette journée a été parfaite, et j'ai eu un sentiment très étrange, comme si je la vivais comme un spectateur extérieur, sans vraiment réaliser ce qui m'arrivait, et avec un sourire qui s'est posé sur mes lèvres dès le réveil et qui ne m'a pas quitté.

Tout était surréel, mais reprenons du début..

Tout a commencé avec un petit déjeuner typiquement anglais à base de bacon et oeufs brouillés à l'auberge de Liverpool, puis nous avons affronté la pluie, le vent et le froid du nord de l'Angleterre pour atteindre la gare.. bon j'avoue, en taxi, mais nos corps presque habitués à l'été, le vrai, dans nos contrées, étaient en hypothermie avancée!

Une fois la petite équipe arrivée à Prestonia (équipe composée du fameux duo Gazelle & Bunny + Mums), nous entrons dans le lieu céleste, The Guildhall, salle de spectacle (ayant hébergée moults concerts comme Kate Nash), où la foule se pressait sous d'immenses banderoles 'UCLAN Awards Ceremonies'..

Voilà le duo de choc enchaînant inscription, récupération des fameuses robes et chapeaux plats loués pour l'occasion, tentatives désespérées de faire tenir l'ensemble tout en gardant son sérieux, puis séances photos un peu crispées dans des studios aménagés, après des heures de queue, et le tout entourées d'Anglaises à l'épaisse couche de fond de teint & co, et de toute leur famille.. par moment, je me demandais si j'étais à un mariage!

Puis nous voilà invitées à entrer dans l'immense amphithéâtre pour la cérémonie à proprement parler..
Après avoir installé nos 'invités', Gazelle et moi devons nous séparer pour chercher fébrilement nos places, numérotées.. et là j'aperçois mon nom sur un siège bordeaux matelassé, ornant une pochette tout en dorures, contenant les noms de tous les diplômés ainsi qu'un dossier très officiel sur les divers titres importants des Messieurs et Mesdames qui vont bientôt apparaitre sur scène.

L'orgue commence, le murmure de la salle se transforme en silence, puis une procession de personnages très importants avec des toques et des robes de différentes couleurs s'avancent devant mes yeux ébahis. J'ai l'impression de reconnaitre Albus Dumbledore. Après tout, nous sommes en Albion, tout est possible..

Alors qu'ils s'installent sur la scène, je me retourne. Face à moi, des rangées d'étudiants aux yeux anxieux et aux cheveux lissés et des demi-cercles de familles émues : certains en tenues traditionnelles indiennes ou pakistanaises, ou chinoises, espagnoles, qui ont fait le voyage depuis très loin pour admirer la réussite de leurs enfants, d'autres très chics en costume, des frères et soeurs apprêtés pour la grande occasion, qui pensent que cela est - encore ou déjà - très loin.

Les discours se succèdent, certains très académiques et solennels, d'autres plus émouvants, plus réalistes.
On m'annonce qu' "aujourd'hui est le premier jour du reste de ma vie", que "je suis le futur de la nation, de l'économie mondiale", et que j'ai intérêt à réussir parce que, hein, il faudra bien que quelqu'un paye les retraites..!

Je ne sais pas si je peux assumer tout ça, de mon petit mètre 64, mais bon, on va essayer.. et puis, hein, on va faire un master d'abord, la créativité et la détermination sont là, c'est une question d'opportunités, et je vais en avoir tout plein, me dit-on.

Puis la chorale arrive, la salle entame l'hymne anglais, et alors que mes voisins chantent en coeur, le seul God Save The Queen qui me vient à l'esprit est celui des Sex Pistols.

J'ai l'impression d'être dans une église, ou dans Harry Potter, ou dans un film ou.. je ne sais pas mais vraiment pas dans la réalité. J'ai perdu toute notion du temps, je suis dans un autre monde.

Puis les étudiants sont appelés un par un sur scène pour se voir remettre leur diplôme (c'est un faux en fait, le vrai arrivera par la poste dans quelques mois!), et serrer la main du vice-chancelier, ou une autre fonction honorifique. C'est tout de même assez gratifiant cette tradition. On est reconnu. Pas en France, ou un diplôme d'université ne vaut rien et surtout pas une cérémonie.

Quand j'entends mon nom prononcé, je suis étonnament très sereine, je me vois remettre mon diplôme, entre sur scène, serre la main du Monsieur, souris au public, et puis la voix annonce que j'obtiens mon Bachelor in English for International Corporate Communication (Communication d'entreprise internationale), et aussi autre chose : Senior Prize for Outstanding Academic Achievement and Contribution (Prix d'excellence pour réussite académique remarquable et contribution)... ouh là là que d'honneurs! Je suppose que ma mention Très Bien en est la cause.. Du coup, un autre Monsieur sûrement très important vient me serrer la main et me remettre le prix.

Je redescends de la scène toute tremblante, cette fois-ci.
Le fameux lancer de chapeaux vient alors. Evidemment, personne ne sait quel chapeau est le sien après, mais ce n'est pas grave, on prends n'importe lequel.. c'est comme la vie, parfois prendre le mauvais chapeau, ce n'est pas plus mal.

La cérémonie est suivie d'un retour à la fac ou une infinité de petits fours et de tea and cakes à volonté nous attendent.

Parfois la perfection, ça tient à peu de choses, et parfois ça arrive même sous la pluie.